Communiqué de presse

L’approche d’un statut commun à tous les médecins doit être unitaire

Les Spécialistes CSMF ont eu leur attention attirée par une tribune publiée en avril dernier par le
président de la fédération des spécialités médicales (FSM).

Cette tribune nous semble ambiguë. Elle évoque les deux modes d’exercice médical, salarié ou
libéral et demande que les carrières soient similaires quel que soit le statut de départ.

Depuis de nombreuses années la CSMF défend un statut unique du médecin avec des ponts entre
les deux statuts et nous ne pouvons qu’approuver cette volonté de tendre vers un statut unique.

On pourrait par exemple proposer que les médecins hospitaliers puissent avoir un espace de
fonctionnement de type libéral en répondant, par des matinées de consultations payées à l’acte, à
la demande d’accès aux soins (ce qui revient au secteur privé mais en tarif opposable). Ils
amélioreront ainsi leur rémunération et les libéraux pourront par ailleurs avoir des activités
hospitalières pour participer à la prise en charge de certaines pathologies en ayant une protection
sociale du même type que les médecins hospitaliers.

De même au cours d’une carrière l’activité libérale ou hospitalière d’un même médecin pourrait
varier.

Dans ce statut unique il faudra trouver une solution pour harmoniser les différences du point de vue
de la couverture sociale entre les deux statuts qu’on a tendance à oublier. Les médecins libéraux
et les médecins hospitaliers n’ont pas du tout la même protection sociale (arrêts maladie, congés
maternité, retraites).

Le problème des retraites est devenu très important puisque on peut penser que la répartition de
carrière évolue avec 2/3 d’activité et 1/3 de retraite et que la retraite des médecins hospitaliers est
située entre 3 500€ et 5 000€ quand celle des libéraux est en moyenne de 2 700€.

Il est par ailleurs évident qu’il faut reconnaître l’expertise médicale et en particulier l’expertise de
consultation et cela passe par une nette revalorisation de ces actes qui doivent être moins fréquents
pour un même patient mais mieux rémunérés car plus complexes et ainsi aider les spécialités
cliniques.

Le problème de cette tribune est qu’elle a tendance de façon maladroite et insistante à stigmatiser
les revenus des médecins libéraux alors que l’objet de la réflexion doit être de trouver une
complémentarité entre les deux statuts et des moyens pour que l’ensemble des médecins puissent
répondre à l’accès aux soins dans toutes les composantes du système de santé.

Il nous semble que pour construire un statut unique des médecins, stigmatiser les avantages des
uns par rapport aux autres n’est pas la bonne solution.

Donc soit cette tribune, soit c’est la volonté de poser des ponts dans l’exercice médical entre l’hôpital
et la médecine de ville et cela est une très bonne chose, soit c’est stigmatiser les revenus des
libéraux et c’est une très mauvaise chose.

Il nous parait important de dissiper les malentendus pour avancer unis dans nos demandes.

Dr Bruno Perrouty
Président Les Spécialistes CSMF

Contact presse : 06 42 26 63 73