Portrait


Nathalie Carlotti, gynécologue médicale, candidate à l’URPS-Bretagne

« Voter pour bâtir notre avenir »

Candidate de la CSMF pour les élections aux URPS dans le collège des spécialistes, Nathalie Carlotti défend l’idée d’une médecine libérale innovante et entrepreneuriale.

Votre parcours de médecin en quelques mots ?

« Originaire de la Mayenne mais née en banlieue sud est parisienne, j’ai été externe à Saint-Antoine à Paris où j’ai rencontré mon mari. Puis, en raison du concours d’internat nous sommes partis à Rennes : nos deux enfants y sont nés et nous y avons fait notre vie. Et je me suis associée à une gynécologue, plus âgée de vingt ans, et qui exerçait seule. Je l’ai convaincue d’acheter nos locaux : j’avais déjà l’ambition d’un projet de groupe. Elle a pris sa retraite en 2010, et j’ai alors passé un nouveau cap, intégrant une maison médicale, avec des généralistes, infirmières, kinésithérapeutes, dentistes, à Cesson-Sévigné, dans la banlieue de Rennes. La seconde spécificité de mon exercice, c’est l’engagement dans la formation. J’ai toujours, depuis mon installation, animé des groupes de formation, été expert au sein de l’ACM et représenté les syndicats dans des instances nationales liées à la formation. Puis, en 2006, j’ai créé avec Daniel Pencolé et un confrère et ami gynécologue, une structure de formation, EvalFormSanté, qui a pris en 2013 le virage de l’agrément DPC et à laquelle je consacre maintenant la moitié de mon temps professionnel. »
Pourquoi ce choix de carrière ?
« D’abord parce que je crois fondamentalement aux vertus de l’indépendance professionnelle et à la nécessité d’être acteurs et organisateurs de nos entreprises, dont la formation est un élément incontournable. Cette double activité me permet de continuer à progresser constamment dans ma spécialité comme dans la médecine en général, en me tenant au courant des innovations, pour pouvoir accompagner au mieux mes patients. Elle offre aussi de belles rencontres avec les confrères et est riche de contacts humains. » 
Suis-je satisfaite de mon parcours ?
« Sans aucun doute, car je pense avoir pu réaliser les projets auxquels j’aspirai en sortant des études. Je suis convaincue que la médecine libérale peut être l’occasion de s’épanouir pleinement dans son exercice professionnel, en permettant une constante évolution d’activité selon nos souhaits et disponibilités familiales et professionnelles. »

Votre engagement syndical : pourquoi ? Comment ?

« J’ai adhéré très vite à la CSMF, à la suite de rencontres avec des élus locaux. Il y a sans doute une forme d’atavisme : mon père était très engagé sur le plan syndical, et ma mère avait une forte personnalité, très impliquée dans le mouvement féministe, sans être une virago ! Après avoir été simplement adhérente, je me suis engagée à partir de 2002, devenant présidente de la CSMF 35. Je me suis également impliquée au niveau de l’UMESPE, étant actuellement vice-présidente des Spécialistes-CSMF. J’ai par ailleurs milité au SYNGOF, avant de le quitter pour créer avec des confrères le Syndicat de la gynécologie médicale pour une meilleure reconnaissance des particularités de notre exercice. »
Pourquoi la CSMF ?
« J’y suis d’abord allée un peu par hasard, mais je me suis très vite retrouvée dans les valeurs et les idées qu’elle porte. Et les qualités humaines de ses représentants ont également pesé dans la balance. Avec la CSMF, il est possible de mener des projets viables et concrets, à l’échelle des territoires. Cette approche m’attire davantage que les enjeux politiques nationaux. »

URPS-Bretagne : pourquoi aller voter ?

« C’est une instance très utile, avec une approche opérationnelle qui se consolide mandat après mandat, grâce aux compétences et à l’expérience des élus. Elle joue un rôle décisif pour que la médecine ambulatoire ne soit pas oubliée dans les projets territoriaux développés par l’ARS et pour que la mise en place pratique de ces projets réponde aux réalités de terrain. Voter pour l’URPS, c’est contribuer à bâtir l’avenir de la médecine libérale, dans un contexte très marqué par l’essor des organisations territoriales. »
Les faits marquants du dernier mandat de l’URPS ?
« L’URPS a notamment beaucoup travaillé pour réclamer des moyens adaptés en faveur de la médecine de ville, récemment autour de la Covid pour l’information des professionnels et la structuration des prises en charge en ville, pour défendre la place des spécialistes dans le parcours de soins tant en 1 premier qu’en second recours. Elle est, en miroir de l’hôpital, l’acteur-clé pour la réponse à des projets de l’ARS comme le Service d’Accès aux Soins sur le soin non programmé. Sur le SAS, j’ai pu insister pour que soit pris en compte, dès les premières étapes, la nécessaire participation aux côtés des généralistes de certaines spécialités, comme la gynécologie médicale, la psychiatrie ou la radiologie. » 
Mes engagements pour les élections de 2021 ?
« Je mettrai toute mon énergie à défendre la place de la médecine libérale dans l’organisation des soins, l’indépendance des confrères et le soutien à leurs initiatives en matière d’innovation. »

Un vœu, un souhait, pour la médecine libérale en 2025 ?

« Je souhaite que nous soyons capables, tous ensemble, de restaurer les conditions de l’attractivité pour nos professions. Il faut notamment agir pour accompagner l’engagement des libéraux dans l’innovation en santé. »