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Cabinet 2030 : le projet avance

15 décembre 2022

Stéphane Landais, vice-président de la MIMS, a fait un point d’étape du Cabinet médial 2030 lors du Forum Innovation Santé.

Retrouvons les phrases clés de son intervention qui était très attendue par les 240 participants au Forum :

« Un cabinet virtuel sera visible dès octobre 2022, et plusieurs cabinets physiques le seront durant cette même année… Ce cabinet est conçu avec les partenaires de la MIMS… Chaque cabinet 2030 sera adapté à son environnement… Soigner plus, soigner mieux en préservant la qualité de vie des médecins… Le Cabinet 2030 va privilégier l’écoute et le colloque singulier… Il a pour ambition de passer du médecin de famille au cabinet de famille… Pour réussir, ce cabinet doit satisfaire les tutelles, les patients, les élus et les médecins… Ce cabinet d’un nouveau genre doit être un creuset d’innovation technologique et organisationnelle qui privilégiera la délégation de tâches, plutôt sous forme de salariat, et favorisera la culture de l’acte, plus que celle du forfait.

Le Cabinet médical 2030 sera une entreprise, une organisation qui se transmet, qui se vend, comme à l’époque où l’on vendait sa patientèle.

Le Cabinet 2030 sera un cabinet vert… ».

Derrière ces phrases clés, le Cabinet médical 2030 porte des idées majeures : une meilleure accessibilité, un patient connecté, un médecin augmenté, la coordination, l’accompagnement du médecin et l’ancrage territorial…

Voilà les idées forces qui ont été évoquées. Rendu définitif en octobre 2022. Rendez-vous est pris avec Stéphane Landais les 12 et 13 octobre 2022 pour la 2ème édition du Forum Innovation Santé.


Nomenclature des actes techniques : la révolution attendue ?

8 novembre 2021

A activité égale dans la même spécialité il peut y avoir, entre un médecin qui maîtrise parfaitement la nomenclature et un que ne connait pas les 13 280 actes existants, jusqu’à 30% d’écart sur le BNC sur une année !

Ce constat en dit long sur la complexité du sujet…

C’est une des raisons qui fait que dans le cadre de la stratégie « Ma Santé 2022 » proposée par le Président de la république, un Haut Conseil des Nomenclatures (HCN) a été mis sur pieds en juin dernier.

Objectif, repenser la CCAM afin de la simplifier pour qu’elle soit plus et mieux utilisée par les spécialités médicales. Ce Haut Conseil est composé de 10 membres : 5 praticiens hospitaliers et 5 libéraux, dont le Dr Christian Espagno, neurochirurgien en libéral et vice-président du HCN (bien connu à la CSMF).

Ce qu’il faut retenir de cette révolution attendue :

1/ La dernière révision avait été réalisée par l’Assurance Maladie il y a 15 ans. Aujourd’hui c’est une structure scientifique indépendante qui est chargée de mener la réforme.

2/ Ce travail a deux objectifs, revoir et simplifier l’existant et mettre en place une gestion pour tous les nouveaux actes, en particulier les actes innovants.

3/ La refonte consistera à travailler au plus près des pratiques actuelles, comme les actes mono-spécialités et les actes pluri-spécialités.

4/ Les médecins spécialistes en médecine générale font partis du HCN, ce qui n’était pas le cas il y a 15 ans, alors qu’ils pratiquent, eux-aussi, des actes techniques.

5/ Chaque acte médical sera scoré en fonction de plusieurs critères qui permettront de les hiérarchiser au regard de l’expérience requise, du temps passé, de la concentration demandée, … de manière générale de la difficulté que demande un acte.

6/ La mission doit se terminer dans 3 ans, soit à la fin du mandat de chacun des membres du HCN qui ont pour ambition de finaliser cette réforme avant leur départ. Nous demeurerons attentifs à cette refonte afin de négocier la juste valeur des actes dans la prochaine convention.


Démographie médicale des médecins spécialistes
L’embellie n’est pas pour demain !

13 octobre 2021

Un léger frémissement en 2035, une embellie pour 2050… Il va falloir être patient (au sens propre comme figuré) pour une nouvelle offre de soins qui puisse satisfaire les médecins, les patients et les tutelles.

Si la majorité des spécialités médicales verra ses effectifs croître régulièrement d’ici 2050, il n’en sera pas de même pour quelques-unes d’entre elles. Comme la pédiatrie dont les effectifs seront divisés par deux d’ici 25 ans. Les chirurgiens sont eux aussi concernés puisque leurs effectifs, toutes spécialités confondues, vont littéralement fondre pour passer de 12 000 en 2022 à près de 6 000 en 2050, alors que chez les anesthésistes les effectifs passeront de 12 000 à 18 000… ce que perdent les chirurgiens les anesthésistes vont le récupérer… un paradoxe !

Côté répartition territoriale, la situation restera contrastée, avec des régions plus attractives que d’autres, l’Ouest et le Sud-Ouest perdant beaucoup. Mais l’attractivité territoriale pourra, peut-être, modifier à la marge les chiffres annoncés aujourd’hui, car les médecins sont comme tous les acteurs de la société, ils sont sensibles aux efforts d’aménagement du territoire mis en place par les collectivités.

Face à la réalité des chiffres, il y aura toujours en 2050 des déserts médicaux, des délais d’attente et une surcharge de travail pour les médecins spécialistes.

Le seul remède serait une nouvelle offre de soins, la délégation des tâches, l’entreprise médicale et l’innovation organisationnelle et technologique… ce à quoi travaillent les médecins spécialistes de la CSMF.

En 2050 la très grande majorité d’entre nous seront à la retraite, mais il est de notre devoir de préparer l’avenir pour les Français.

Une raison de plus pour être ambitieux en 2023 avec la nouvelle convention médicale.


Acte ou forfait : le débat de l’indépendance

20 septembre 2021

Dans une économie libérale, la vie d’un entrepreneur se résume souvent à des équations simples, en particulier pour son activité économique. Plus il travaille, plus il peut facturer son activité et augmenter ainsi son chiffre d’affaires.

Dans une économie libérale, avec un état providence, l’état peut intervenir en versant des aides, des subventions, s’il considère que l’activité de tel ou tel secteur économique est en difficulté. C’est une politique interventionniste de soutien « où l’État ne fait que redistribuer les impôts qu’il a collecté par ailleurs ».

Si dans une crise économique les aides ou les subventions sont les bienvenues, le danger pour l’État comme pour l’entrepreneur c’est l’accoutumance. On finit toujours par considérer l’aide comme pérenne et bien évidemment à terme on perd son indépendance financière, et plus grave encore, son esprit entrepreneurial. 

La facilité l’emportant toujours sur le goût de l’effort, c’est humain !

Si par ailleurs l’entrepreneur intervient dans un secteur d’activité stratégique pour le pays comme l’agriculture ou la santé, la tentation est grande pour l’État en contrepartie de ses aides de pouvoir diriger une activité libérale à distance grâce à la distribution de ses subventions ou de ses aides en imposant des objectifs, des comportements ou toute autre chose encore… Rien n’est gratuit.

Dans la santé, le sujet est encore plus complexe. Les aides et les subventions ont un nom bien particulier. Ce sont les forfaits. Forfait patientèle, forfait structure, forfait que sais-je encore.

Par ailleurs, les prix des actes sont encadrés par une négociation entre l’État et les médecins que l’on appelle négociation conventionnelle où l’État a très souvent le dernier mot. Cela laisse donc peu de marge de manœuvre aux médecins pour pouvoir orienter son activité en termes d’investissement ou de gestion de son cabinet.

Le problème de ces forfaits ou de ces prix encadrés, c’est que le médecin peut l’entendre et l’accepter lorsque l’offre de soin est supérieure à la demande. C’est-à-dire lorsque les médecins sont trop nombreux. 

Dans les temps présents, c’est l’inverse : chercher l’erreur.


L’avenir de la santé en France passe-t-il par une meilleure collaboration entre médecins libéraux et industrie de la sante ?

18 mai 2021

Cette question taboue mérite d’être posée régulièrement dans le débat public et les réponses apportées par la société doivent tenir compte du contexte dans lequel nous évoluons.

Afin qu’il n’y ait aucun malentendu sur ce débat, il ne s’agit pas de remettre en cause les règles qui régissent les relations entre l’industrie pharmaceutique et les médecins. Ce qui existe aujourd’hui est légitime.

Le débat est plus large et il part d’un constat partagé par tous ; jamais l’innovation organisationnelle et technique n’a été aussi présente dans notre métier et la COVID a été un formidable accélérateur de l’innovation santé.

Cependant l’innovation seule est très souvent portée par des start-ups ainsi que des entreprises dont le rayonnement leur permet de porter ces innovations souvent coûteuses durant la phase de développement.

La crise de la COVID a montré que la santé est un bien commun et tous les acteurs en France et ailleurs se sont mobilisés pour favoriser l’innovation santé, car seule l’innovation peut apporter une réponse quand on n’en a pas…

Malheureusement les innovations sont souvent « éveillées » par les médecins, puis développées, portées et transformées par l’industrie de la santé où le médecin est peu ou pas présent. Et lorsqu’il l’est sa condition d’entrepreneur prend le pas sur celle de médecin.

Il y a quelques jours je participais au premier rassemblement de la Maison de l’Innovation de la Médecine Spécialisée dont l’un des grands fondements repose sur le métissage intellectuel, c’est-à-dire sur l’ambition de mettre autour d’une même table et à égalité, startuppers, philosophes, patients, médecins et entrepreneurs ou tout acteur dont l’ambition est de faire progresser la santé. Cette « originalité » explique en partie le succès de la Mims, j’en suis persuadé.

Mais cela doit nous interroger sur la place que les médecins doivent prendre dans la collaboration avec les industries de la santé. L’innovation nous devons la favoriser, pas la subir. L’innovation nous devons l’accompagner, les entreprises partagent cette analyse.

A nous de nous organiser pour y répondre.  


Spécialistes CSMF : rajeunissement et féminisation des candidats

4 février 2021

C’est nouveau, c’est aussi une marque de renouveau des Spécialistes CSMF ! De nouveaux visages sont venus éclairer les listes soumises aux suffrages des médecins libéraux.

Parmi ces visages de nombreux jeunes et beaucoup de femmes sont présentes : ils sont l’avenir de la CSMF. Ils apportent un nouveau souffle à notre projet politique. Ils souhaitent s’engager pour promouvoir la médecine libérale. Leur engagement nous permet d’être serein sur l’avenir de notre syndicat ; car à l’évidence, leur volonté est de pérenniser et de développer un syndicat de services, encore plus proche du métier de médecin.

Avec cette féminisation et ce rajeunissement de nouvelles idées, initiatives et concepts verront prochainement le jour comme « soigner plus, soigner mieux tout en préservant sa vie personnelle. »

Il est à noter que de nombreuses femmes sont tête de liste dans le Collège des spécialistes, comme chez nos confrères du Collège des généralistes. Ces nouveaux leaders seront bientôt les nouvelles présidentes des URPS.


Perspectives Newsletter 13 01 2021

Parité femmes-hommes sur les listes de candidats pour les élections aux URPS

2 novembre 2020

La CSMF a souhaité et a décidé d’imposer la parité femmes-hommes sur l’ensemble de ses listes qui se présenteront aux prochaines élections au URPS de médecins libéraux. À ce jour la CSMF est le premier et seul syndicat à avoir fait ce choix.

Choix qui repose sur deux ambitions politiques :

  • L’ambition de se mettre en conformité dans l’esprit (même s’il n’y a pas d’obligation pour un syndicat) avec la loi du 6 juin 2000, qui pour la première fois, impose la parité pour les investitures des partis politiques lors des élections législatives, puis de la loi du 4 août 2014, qui généralisait le principe d’égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités dans les secteurs de la vie sociale.
  • L’ambition de donner à ses consœurs (comme l’a fait le Conseil National de l’Ordre) l’indispensable place qu’elles doivent occuper dans les centres de décision de la médecine libérale. N’oublions pas que les femmes sont, depuis plusieurs années déjà, largement majoritaires parmi les étudiants en faculté de médecine.

Nous appelons donc l’ensemble de nos consœurs à venir nous rejoindre et à faire acte de candidature pour participer et construire la médecine libérale de demain ; c’est aussi cela la rénovation de la CSMF.


Les Spécialistes CSMF militent pour un Espace de liberté tarifaire

14 octobre 2020

L’Assurance Maladie n’a plus les moyens de rémunérer à leurs justes valeurs les médecins spécialistes du secteur 1. Les tarifs opposables sont gelés depuis plusieurs années et les quelques avances tarifaires obtenues sont noyées dans une CCAM tellement complexe qu’il est difficile de s’y repérer.
Les Spécialistes CSMF travaillent actuellement à la mise en place d’un Espace de liberté tarifaire dont l’accès serait conditionné à 3 des 4 critères suivants : la formation initiale, l’engagement à la qualité, la recertification et l’offre de soins territoriale.
Par ailleurs les années d’exercice du praticien pourraient aussi être un critère sur le volume de temps consacré à l’Espace de liberté tarifaire.

Restera à définir et à proposer le financement de cette indispensable avancée pour les spécialistes. 3 voies sont possibles : l’assurance maladie obligatoire, l’assurance maladie complémentaire et aussi le patient. L’analyse des différents ratios est actuellement à l’étude.

Cet Espace de liberté tarifaire sera une avancée pour les médecins et les patients, cela permettra de consacrer une part non négligeable de ces revenus à l’investissement en innovation technique et organisationnel dans les cabinets des médecins spécialistes quelle que soit leur spécialité.


Le Big Bang de la CSMF

8 septembre 2020

La rénovation de la CSMF est en route et a mis en œuvre son équation de la réussite, c’est-à-dire projet politique + projet entrepreneurial + réforme des statuts. Cette équation a été présentée ce dimanche 6 septembre à Antibes lors de l’Université d’été de la CSMF devant les cadres de notre confédération.

C’est un projet ambitieux mais réaliste qui va transformer la CSMF pour en faire la maison de tous les médecins libéraux et dont le siège deviendra aussi un lieu de rassemblement de tous les médecins libéraux.
C’est un projet qui va assurer l’indépendance financière et politique de notre syndicat face à l’État.
C’est un projet qui va remettre les médecins au cœur du réseau de la santé pour le positionner comme l’interlocuteur privilégié de l’État, des collectivités territoriales mais aussi du monde des entreprises, de plus en plus incontournable dans la santé.

Ce projet s’est construit autour de trois piliers : l’innovation, l’expertise et la formation. Trois thèmes qui sont les fondements de la nouvelle médecine, qu’elle soit libérale ou publique. Trois thèmes qui ont permis d’assurer une cohérence entre le projet politique et le projet entrepreneurial de la CSMF.

La formation n’échappe pas à cette analyse car, bien évidemment, elle permettra de nous adapter à ce nouveau paradigme.

Lors de cette université d’été, la demande d’une nomenclature très simplifiée pouvant se résumer à quatre lettres a été actés tout comme une nouvelle source de rémunération des médecins allant au-delà de l’acte ou du forfait… et qui leur permettra de capitaliser sur la transmission de leurs activités pour récompenser celles et ceux qui auront investi dans l’innovation, qu’elle soit technique ou organisationnelle.

Autre bonne nouvelle, ce Big Bang est porté par la coordination Spécialistes / Généralistes… C’est aussi ça la nouvelle CSMF !