Perspectives


L’avenir de la santé en France passe-t-il par une meilleure collaboration entre médecins libéraux et industrie de la sante ?

18 mai 2021

Cette question taboue mérite d’être posée régulièrement dans le débat public et les réponses apportées par la société doivent tenir compte du contexte dans lequel nous évoluons.

Afin qu’il n’y ait aucun malentendu sur ce débat, il ne s’agit pas de remettre en cause les règles qui régissent les relations entre l’industrie pharmaceutique et les médecins. Ce qui existe aujourd’hui est légitime.

Le débat est plus large et il part d’un constat partagé par tous ; jamais l’innovation organisationnelle et technique n’a été aussi présente dans notre métier et la COVID a été un formidable accélérateur de l’innovation santé.

Cependant l’innovation seule est très souvent portée par des start-ups ainsi que des entreprises dont le rayonnement leur permet de porter ces innovations souvent coûteuses durant la phase de développement.

La crise de la COVID a montré que la santé est un bien commun et tous les acteurs en France et ailleurs se sont mobilisés pour favoriser l’innovation santé, car seule l’innovation peut apporter une réponse quand on n’en a pas…

Malheureusement les innovations sont souvent « éveillées » par les médecins, puis développées, portées et transformées par l’industrie de la santé où le médecin est peu ou pas présent. Et lorsqu’il l’est sa condition d’entrepreneur prend le pas sur celle de médecin.

Il y a quelques jours je participais au premier rassemblement de la Maison de l’Innovation de la Médecine Spécialisée dont l’un des grands fondements repose sur le métissage intellectuel, c’est-à-dire sur l’ambition de mettre autour d’une même table et à égalité, startuppers, philosophes, patients, médecins et entrepreneurs ou tout acteur dont l’ambition est de faire progresser la santé. Cette « originalité » explique en partie le succès de la Mims, j’en suis persuadé.

Mais cela doit nous interroger sur la place que les médecins doivent prendre dans la collaboration avec les industries de la santé. L’innovation nous devons la favoriser, pas la subir. L’innovation nous devons l’accompagner, les entreprises partagent cette analyse.

A nous de nous organiser pour y répondre.