Perspectives


Démographie médicale des médecins spécialistes
L’embellie n’est pas pour demain !

13 octobre 2021

Un léger frémissement en 2035, une embellie pour 2050… Il va falloir être patient (au sens propre comme figuré) pour une nouvelle offre de soins qui puisse satisfaire les médecins, les patients et les tutelles.

Si la majorité des spécialités médicales verra ses effectifs croître régulièrement d’ici 2050, il n’en sera pas de même pour quelques-unes d’entre elles. Comme la pédiatrie dont les effectifs seront divisés par deux d’ici 25 ans. Les chirurgiens sont eux aussi concernés puisque leurs effectifs, toutes spécialités confondues, vont littéralement fondre pour passer de 12 000 en 2022 à près de 6 000 en 2050, alors que chez les anesthésistes les effectifs passeront de 12 000 à 18 000… ce que perdent les chirurgiens les anesthésistes vont le récupérer… un paradoxe !

Côté répartition territoriale, la situation restera contrastée, avec des régions plus attractives que d’autres, l’Ouest et le Sud-Ouest perdant beaucoup. Mais l’attractivité territoriale pourra, peut-être, modifier à la marge les chiffres annoncés aujourd’hui, car les médecins sont comme tous les acteurs de la société, ils sont sensibles aux efforts d’aménagement du territoire mis en place par les collectivités.

Face à la réalité des chiffres, il y aura toujours en 2050 des déserts médicaux, des délais d’attente et une surcharge de travail pour les médecins spécialistes.

Le seul remède serait une nouvelle offre de soins, la délégation des tâches, l’entreprise médicale et l’innovation organisationnelle et technologique… ce à quoi travaillent les médecins spécialistes de la CSMF.

En 2050 la très grande majorité d’entre nous seront à la retraite, mais il est de notre devoir de préparer l’avenir pour les Français.

Une raison de plus pour être ambitieux en 2023 avec la nouvelle convention médicale.