Interviews


Patrick Assyag ne dort jamais !

29 juin 2021

Médecin cardiologue libéral, Secrétaire général du syndicat Les Spécialistes CSMF et tête de liste aux dernières élections aux URPS en Île de France, Patrick Assyag vient de publier, aux éditions Odile Jacob, avec son confrère Jacques Fricker (médecin nutritionniste), un livre consacré à l’organe humain le plus noble « le cœur », sous le titre Prenez votre cœur à cœur.

Véritable manuel de l’entretien de notre cœur, cet ouvrage écrit à l’intention des patients, a une ambition : nous donner les indispensables conseils pour vivre mieux, pleinement et plus longtemps.

Ce livre est une illustration parfaite d’une politique de prévention, que chaque spécialité médicale pourra mener envers ses patients pour favoriser la prise de conscience !
Une première partie, consacrée au lien nourriture-cœur, passe en revue aliments, boissons et régime « à consommer avec modération ».
Une seconde permet de disposer des informations pour prévenir et mieux traiter toutes les pathologies cardiovasculaires mais aussi pour préparer le patient à une rendez-vous plus constructif car, gagnant-gagnant pour le médecin et le patient. En effet la compréhension permet de mieux soigner.

A l’évidence, Patrick Assyag a toujours su vulgariser son savoir pour le rendre accessible au plus grand nombre, il y a dans ce livre un indéniable effort de pédagogie qu’il faut saluer.

Bravo Patrick pour ce livre qu’il convient de conseiller à tous les Français, car le cœur c’est la vie.

Une dernière invitation pour vous inciter à le lire : « Symbole de vitalité depuis la préhistoire, source de vie dans la tradition populaire, siège des sentiments pour le poète, le cœur est considéré comme l’organe noble par excellence. A la lumière des études scientifiques, cette réputation apparaît pleinement justifiée. Pour mieux vivre, pour vivre pleinement, pour vivre plus longtemps, il convient d’en prendre soin. »


Les révélations région AURA
Nadia Vandenberghe et William Dronne
La relève est là !

23 avril 2021

Elus à l’URPS-AURA, Nadia Vandenberghe et William Dronne sont des nouveaux venus dans le paysage syndical. Engagés chez Les Spécialistes-CSMF, ils défendent une vision moderne et entrepreneuriale de la médecine libérale.

Ils incarnent une nouvelle génération de militants engagés pour la cause des médecins spécialistes. Tous les deux âgés de moins de 50 ans, Nadia Vandenberghe et William Dronne ont été élus, le 8 avril dernier, à l’URPS-ML Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), dans le collège des spécialistes. Ils étaient têtes de liste Spécialistes-CSMF, menant leur première campagne électorale dans une région où la CSMF est traditionnellement peu présente. Un baptême du feu, donc, qui ne les a pas empêchés de bien figurer dans le débat auprès de leurs confrères, défendant le programme politique de la confédération dont ils partagent les valeurs. « La CSMF est un syndicat pluri catégoriel, qui représente l’ensemble des médecins et ne cherche pas à les diviser, explique William Dronne. C’est essentiel, au moment où les pouvoirs publics cherchent à nous opposer pour imposer une vision hospitalo-centrée de l’organisation des soins. » « Pour moi, il était naturel de m’engager avec la CSMF, car c’est un syndicat qui a l’expérience de la négociation, qui s’attache à défendre la médecine libérale tout en portant une ambition pour l’avenir de notre profession, ajoute Nadia Vandenberghe. Être élue à l’URPS, c’est pouvoir participer, au plan local, à des missions d’intérêt général au service de la médecine de ville. »

Tourner la page de l’hôpital

Tous deux affichent un parcours personnel et professionnel marqué par le sens du défi et un certain refus de la routine. Née dans la partie flamande de la Belgique, Nadia Vandenberghe est arrivée à Lyon dans les années 90, suivant ses parents dans leur carrière professionnelle. « C’était un déracinement, bien sûr, avec la barrière de la langue, mais j’ai été très bien accueillie et je me suis vite fait ma place. » Elle effectue son externat à Lyon, avant de réussir l’internat et de poursuivre son cursus à Nancy. « J’ai fait le choix de la neurologie, car c’est une spécialité à la fois technique et clinique, où le dialogue avec le patient est un élément-clé de notre expertise, au moment du diagnostic mais également durant le suivi. » Titulaire de son DES en 2002, son classement lui permet d’obtenir une bourse de recherche, qui lui donne l’occasion de revenir à Lyon pour étudier la maladie de Charcot. Une carrière s’ouvre pour elle à l’hôpital. De 2002 à 2004, elle est chef de clinique à l’hôpital neurologique Pierre Wertheimer à Lyon, avant devenir PH jusqu’en 2014. « Je ne regrette pas cette carrière hospitalière, mais je n’en pouvais plus des lourdeurs administratives et d’être de plus en plus éloignée du soin aux patients. » Elle décide alors de sauter le pas et rejoint un cabinet libéral en association avec trois confrères neurologues. « Je suis très satisfaite de mon choix, j’ai retrouvé le plaisir du contact avec le patient, ainsi qu’un large réseau de correspondants dans d’autres spécialités. Je me sens utile. »

Libéral et entrepreneur

Agé de 34 ans seulement, William Dronne est originaire du Mans, dans la Sarthe. Il a effectué son internat à Angers, avant de se retrouver sur les bancs de la Faculté de Saint-Etienne. « J’ai fait le choix de la gastro-entérologie, car c’est une spécialité très vaste, multi-organes et donnant une possibilité d’exercice très variée. » Thésé en 2016, il fait son assistanat entre Saint-Etienne et Saint-Chamond, avant d’exercer un an à Saint-Pierre de la Réunion. « Je suis venu m’installer à Lyon en 2020, intégrant la clinique de l’Infirmerie Protestante de Lyon, un établissement privé très dynamique et qui offre de nombreuses possibilités d’évoluer dans sa spécialité. » Il se spécialise d’ailleurs en onco-digestif et en pathologies fonctionnelles du tube digestif. « Je travaille en symbiose avec beaucoup de spécialités, avec un accès facilité à l’oncologie avec la chimiothérapie et de nombreuses possibilités en termes de biothérapie. Notre établissement est aujourd’hui impliqué dans une quinzaine d’études cliniques, c’est un environnement très motivant. » Libéral et entrepreneur dans l’âme, William Dronne apprécie de travailler dans une structure qui offre des perspectives de carrière attractive et s’organise pour proposer des rendez-vous aux patients « sous trois semaines en moyenne ».

La CSMF… une évidence

Leur parcours syndical s’est construit au fil des rencontres, avec des expériences différentes mais qui témoignent d’une même volonté d’être utiles à leurs confrères. Nadia Vandenberghe s’est d’abord impliquée dans le Syndicat national des neurologues, qu’elle rejoint dès 2015 pour des missions ponctuelles, avant d’intégrer le CA. « Le SNN est membre de la CSMF, ce qui explique mon adhésion à ce syndicat. Le SNN rejoint les thématiques de la CSMF, dont la défense d’une médecine spécialisée de qualité et efficiente, entre la Ville les établissements de soins privés et les structures hospitalières publiques. » William Dronne, pour sa part, arrive dans le monde syndical après plusieurs expériences associatives fortes. « J’avais déjà de nombreux engagements au niveau associatif, à la fois au local (président de corpo médecine, poste au sein de la fédération des associations de ville, membre du conseil d’administration de l’université) et au national (poste à l’ANEMF et poste au sein de l’association nationale des internes d’hépato-gastroentérologie). C’est donc la suite logique : la CSMF s’est imposée car c’est le syndicat qui représente toutes les spécialités, au service d’une meilleure coordination des soins. » Pour les deux praticiens, le scrutin aux URPS aura été l’occasion de franchir un cap, avec de nouvelles responsabilités au plan local mais également au sein des Spécialistes-CSMF.

Agir efficacement et collégialement à l’URPS

« Au sein de l’URPS, je souhaiterai m’engager dans des actions concrètes sur des sujets majeurs pour l’avenir des spécialistes, comme la coordination des soins et la santé numérique, indique Nadia Vandenberghe. Nous devons notamment travailler sur la place des spécialistes dans les CPTS, afin de mieux répondre au défi des soins non programmés. » Pour sa part, William Dronne insiste sur la nécessité, au sein de l’Union, de travailler en bonne intelligence avec les autres élus. « Après les tensions concurrentielles légitimes au moment de la campagne électorale et du scrutin, il faut à présent collaborer ensemble pour élaborer des solutions utiles à l’ensemble des confrères. Nous devons notamment nous impliquer dans des projets en termes de prévention, et je me verrai bien animer un projet autour de l’éradication de l’hépatite C, dans une région fortement marquée par les mouvements migratoires et donc les risques de persistance de ce type de pathologie, en dépit des traitements disponibles. »


Dr Isabelle Bossé, allergologue à La Rochelle

14 octobre 2020

Licence de remplacement pour les internes en allergologie

Le Dr Isabelle Bossé, allergologue à La Rochelle, présidente du Syndicat Français des Allergologues (SYFAL), vice-présidente des Spécialistes-CSMF et vice-présidente de la Fédération Française d’Allergologie a été contactée par le Docteur Claire Le Thai, présidente de l’Association des Jeunes Allergologues Français (AJAF) concernant deux collègues en dernière année de DES d’allergologie ne pouvant obtenir leur licence de remplacement. « Ces deux collègues ont tous les critères pour, théoriquement, pouvoir faire des remplacements en médecine libérale mais leur Conseil de l’Ordre départemental leur a refusé la licence de remplacement au motif que l’allergologie ne faisait pas partie de l’article L. 4131-2 et son annexe 41-1 du décret n°94-120. Mais ce décret date de 1994 et l’allergologie n’est une spécialité que depuis le 26 décembre 2016 et publiée au Journal Officiel en avril 2017, tout comme d’autres spécialités telles que la médecine d’urgence, les maladies infectieuses ou encore la médecine vasculaire. »

« Aussi, conjointement avec les Dr Ortiz et Devulder, nous avons envoyé un courrier au Conseil de l’Ordre des Médecins en soulevant ce problème. Face à cette situation ubuesque et puisque manifestement n’ont pas été rajoutées 5 spécialités dans ce décret, le Conseil de l’Ordre a accepté les licences de remplacement pour les internes en allergologie. Jérôme Marchand-Arvier, directeur de cabinet d’Olivier Véran, a également été informé de cette situation afin que le ministère aille dans le même sens, pour l’instant nous attendons sa réponse.

Mais d’ores et déjà, et grâce au Professeur Nicodème, président de la section formation et compétences médicales au Conseil National de l’Ordre, les internes en allergologie, remplissant les critères requis, peuvent demander une licence de remplacement. C’est très important pour les médecins allergologues, dont la population est vieillissante, mais aussi pour les jeunes en allergologie, même si en dernière année ils feront des stages, leur permettre de faire des remplacements va soulager les allergologues et donner aux jeunes l’opportunité d’exercer en cabinet. Nous sommes très heureux de cette avancée. »

Extrait du courrier du Conseil National de l’Ordre, en date du 30 septembre 2020 et signé par le Professeur Robert Nicodème :

« L’annexe 41-1 du décret n°94-120 du 4 février 1994 modifié avait initialement fixé les critères de remplacement permettant aux étudiants du troisième cycle des études de médecine d’obtenir des licences de remplacement, conformément aux articles L. 4131-2 et D. 4131-2 du code de la santé publique.

Toutefois l’allergologie étant une spécialité nouvelle créée par un arrêté du 26 décembre 2016, l’annexe 41-1 édictée en 1994 ne saurait prévoir de critères permettant la délivrance d’une licence de remplacement aux internes de cette spécialité.

Néanmoins, dans l’attente que le Ministère chargé de la Santé adopte des critères par voie réglementaire, et compte tenu des risques de fragilisation de l’offre de soins disponible dans certaines spécialités, le Conseil National de l’Ordre des médecins a décidé et pour une durée de 6 mois d’autoriser la délivrance d’une licence de remplacement dans les spécialités pour lesquelles il n’existe pas de critères, dès lors que les internes ont validé la phase d’approfondissement (phase II) de leur DES.

S’agissant de l’allergologie, les internes peuvent donc se voir délivrer une licence de remplacement à l’issue du sixième semestre, à la condition qu’ils aient validé leur phase d’approfondissement. Ils devront alors communiquer l’attestation délivrée par l’UFR de médecine en ce sens.

Nous précisons que la soutenance de la thèse n’est pas nécessaire à l’octroi de la licence de remplacement.

Enfin nous insistons sur le fait que si le Conseil National de l’Ordre des médecins a décidé l’application de ces mesures pour une durée de 6 mois, la licence de remplacement sera délivrée pour l’année universitaire.

En l’espèce, les internes d’allergologie pourront désormais prétendre à la délivrance d’une licence de remplacement dès lors qu’ils auront validé leur phase d’approfondissement et communiqué au Conseil départemental de l’Ordre des médecins, avec leur dossier de demander de licence de remplacement, une attestation délivrée par l’UFR de médecine en ce sens. »


La principale attente des gastro-entérologues aujourd’hui.

24 septembre 2020

Frédéric Cordet est hépato-gastro-entérologue à Bordeaux depuis 20 ans. Secrétaire général du Syndicat National des Médecins Français Spécialistes de l’Appareil Digestif (Synmad) le Dr Cordet nous parle de la principale attente des gastro-entérologues.

« Les gastro-entérologues attendent une revalorisation de ce qui est la base de leur activité : les actes endoscopiques. Les tarifs sont littéralement gelés depuis maintenant une vingtaine d’année !

La qualité des matériels est bien évidemment indispensable mais il ne faut pas oublier que les coloscopies d’aujourd’hui ne sont plus celles d’hier, la qualité et la pertinence ont très nettement augmentées. Sans oublier qu’il nous est demandé de nous investir dans le dépistage puisque la prévention du cancer du côlon est un objectif de santé publique prioritaire dans lequel, rappelons-le, les gastro-entérologues ont un rôle important à jouer.

Il est vrai aussi que sur le volet des actes cliniques et des actes intellectuels tels que la consultation il y a quelques petites vexations. Comme par exemple le fait de ne pas pouvoir coter une consultation et une échographie. Ce sont des choses qui ne devraient plus exister car pour beaucoup de gastro-entérologues l’échographie est un peu le prolongement de l’examen clinique.

Aussi notre principale attente est la valorisation, de la technique et de la qualité. Ce n’est même pas une revalorisation que nous demandons mais simplement une mise à niveau de ce qui est fait aujourd’hui par rapport à ce qui se faisait il y a 20 ans. »

Que pouvez-vous nous dire concernant l’avenant ?

« On est conscient des sommes ! Vu le nombre de coloscopies à analyser en France, il est évident que revaloriser de façon brute les coloscopies engendrerait des sommes engagées par l’Assurance Maladie très importantes. Mais sous prétexte que ces actes sont faits à grande échelle et sont utiles, ce qui est la réalité, les tarifs ne sont pas réévalués et sont toujours les mêmes depuis 20 ans. Alors que les gastro-entérologues ont très nettement upgradé leurs pratiques et que publications après publications et recommandations après recommandations de leurs sociétés savantes, ils mettent au niveau leurs pratiques. La reconnaissance de l’amélioration des pratiques doit rester au premier plan.

Pourtant il existe des solutions comme par exemple, demander aux médecins d’alimenter des bases de données avec leurs résultats et comptes-rendus. Ils se verraient rémunérer en plus de l’acte de base et cela permettrait de mettre un pied dans une revalorisation de l’acte.

C’est une réflexion de fond qu’il va falloir mener et qui ne sera jamais abouti pour cet avenant-là ! Mais accepter une réflexion sur une valorisation de la qualité cela permettrait déjà de donner un coup de pouce. »


Le Syndicat National des Cardiologues : Innovation et coordination, les grands axes de développement de Marc Villaceque.

13 juillet 2020

Marc Villaceque a de grandes ambitions pour la cardiologie libérale (syndicat poly- appartenant). La crise sanitaire du COVID-19, intervenue juste après sa prise de fonction en tant que président du Syndicat National des Cardiologues, a mis en exergue des conséquences inattendues sur le plan organisationnel pour la médecine libérale. « Cette crise n’a fait que renforcer mes convictions sur l’importance de la coordination entre le 1er et le 2nd recours mais aussi entre les différentes spécialités médicales. L’ouverture à l’innovation est aussi un élément fondamental qui va nous permettre d’imaginer autrement notre exercice médical. 

En réalité, nous explique Marc Villaceque, la crise sanitaire a été un extraordinaire accélérateur de l’utilisation des nouvelles technologies, comme la téléexpertise et la télésurveillance mieux adaptées à la cardiologie que la téléconsultation. L’exercice médical ne pourra plus être comme avant et il faut pérenniser le suivi à distance des patients, en particulier pour les ALD. Les patients, les médecins et l’assurance maladie ont beaucoup à gagner grâce à l’avènement de ces nouvelles technologies qui nous permettent d’envisager de nouvelles organisations pour nos cabinets.

Je suis aussi très vigilant sur l’innovation technologique pour la cardiologie. Le tee-shirt connecté par exemple est une des innovations que nous suivons de près. J’ai d’ailleurs annoncé que notre syndicat allait lancer un appel à projets pour recenser l’ensemble des innovations existantes ou en cours de développement. Tout cela est passionnant pour la cardiologie !

L’autre point qui est important, c’est notre responsabilité populationnelle qui ne doit pas être vécue comme une contrainte. Pour cela la coordination avec les professionnels de santé et en particulier les médecins généralistes, est essentielle, elle peut s’appuyer sur les CPTS et les équipes de soins spécialisées, mais c’est avant tout une ambition politique de travailler ensemble pour améliorer la pertinence des soins et des parcours pour réduire les actes et les hospitalisations inutiles. L’organisation future de nos cabinets doit permettre de prioriser les patients pour mieux gérer les urgences, pour cela nos cabinets ont l’obligation de s’enrichir de nouveaux collaborateurs comme les assistants techniques pour préparer la consultation, ou les IPA pour gérer leur suivi via un protocole établi par le cardiologue. Toutes ces évolutions permettront d’améliorer l’offre de soin à la condition de réfléchir sur l’ensemble des contours métiers de tous ces acteurs pour rendre plus efficiente la prise en charge des patients.

La cardiologie est sans aucun doute une spécialité qui est et sera force de propositions au sujet de la coordination. J’aurai très prochainement l’occasion de m’exprimer sur ce sujet, en particulier dans le cadre de la future négociation conventionnelle.

Enfin, pas de réussite pour l’innovation et la coordination, sans valoriser l’expertise des médecins cardiologues. Sur ce dernier point, notre structure de formation montre que ce champ est investi depuis longtemps par les cardiologues. »

Le syndicat National des Cardiologues, après avoir restructuré sa communication (nouveau nom, nouveaux outils) est prêt pour affronter les nouvelles échéances.


Dr Laurent Verzaux, radiologue et directeur général du groupe VIDI
VIDI : ambassadeur d’une radiologie libérale avant-gardiste

29 juin 2020

L’histoire de cette saga, commencé il y a seulement trois ans, était, dans un premier temps, de répondre à une forte attente des radiologues libéraux. L’objectif : construire un opérateur d’imagerie médicale performant pour favoriser une qualité de soins dans l’intérêt des patients.

Partis à 207 radiologues, ils sont aujourd’hui 850, regroupant 3 300 collaborateurs dans 46 centres d’imagerie, pour apporter une qualité de soins à plus de 5 millions de patients. Une croissance exponentielle pour VIDI réussie grâce à la gouvernance ambitieuse portée par trois médecins radiologues Alain Guillemot, le président, Robert Lavayssière et Laurent Verzaux, tous les deux directeurs généraux du groupe VIDI.

« Cette croissance était une étape nécessaire, confie Laurent Verzaux, car il faut une taille minimale pour permettre à la radiologie de s’organiser sur un territoire et de répondre à la permanence de soins grâce à l’offre en téléradiologie. C’est un enjeu majeur qui permet aux patients de bénéficier, quel que soit leur lieu de résidence, des meilleurs diagnostics et de la performance de la radiologie interventionnelle (cancer et endométriose en sont quelques exemples). L’innovation est aussi dans l’organisation »

« Mais qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, affirme Laurent Verzaux, VIDI n’a pas pour ambition de remplacer les syndicats, simplement de mettre en œuvre les politiques choisies. VIDI est un opérateur qui devient chaque jour plus puissant dans l’intérêt de la médecine libérale pour offrir une alternative à l’hospitalo-centrisme des GHT par exemple, et il est important que les médecins libéraux puissent développer des organisations comme celle-ci dans d’autres spécialités libérales. »

« Demain VIDI va investir d’autres champs de compétences pour aider les radiologues à être plus performants encore dans l’organisation territoriale. Le chantier de l’intelligence artificielle va s’ouvrir, aujourd’hui le modèle est en train de se chercher ; nous y réfléchissons et nous pensons qu’il faut établir un modèle pragmatique permettant une aide aux diagnostics aux examens de contrôle avec des mesures automatiques pour gagner du temps. Car le temps c’est la variable qu’il nous faut maîtriser pour rendre acceptable la permanence des soins par les acteurs de la radiologie ! »

« L’intelligence artificielle (au-delà d’une bonne coordination entre le premier et le second recours) c’est aussi le moyen de réussir enfin la pertinence pour éviter les examens inutiles dans l’intérêt des patients et des comptes publics de la Sécurité Sociale. VIDI y travaille. »

VIDI incite aussi le regroupement des radiologues libéraux, c’est la voie de passage pour être compétitif à l’avenir ; d’ailleurs il faut un cabinet de minimum 5 radiologues pour adhérer à VIDI, l’organisation est une des clés pour réussir.

« Ce que VIDI démontre, c’est que les syndicats de médecins libéraux ont besoin d’opérateurs pour mettre en œuvre les politiques négociées avec l’État ; les radiologues libéraux ont ouvert une brèche avec VIDI ; d’autres spécialités libérales doivent s’organiser ! »

Il y a ceux qui disent ; il a ceux qui font ; VIDI l’a fait, c’est donc possible pour les autres.


Dr David Soffer, psychiatre et pédopsychiatre à Marseille

15 juin 2020

David Soffer est psychiatre et pédopsychiatre à Marseille depuis bientôt 20 ans. Secrétaire général du Syndicat des Psychiatres Français, une verticalité adhérente aux Spécialistes CSMF, il travaille en cabinet et dirige une structure associative, à temps partiel, en charge de prévention du suicide des adolescents.

Aujourd’hui sa spécialité est en crise.

Sa volonté de psychiatre est « la valorisation générale de notre spécialité. Elle est en crise car très peu choisie par les internes. Cela a toujours été le cas, mais ces dernières années cela empire. Si vous regardez les résultats de l’année dernière (ceux de cette année ne sont pas encore disponibles) vous constaterez qu’ils sont éloquents !

C’est la spécialité qui a le plus de postes non pourvus au concours d’internat. Notre spécialité n’attire pas et c’est un grand sujet de préoccupation. Pourtant elle est indispensable. C’est une spécialité très ancienne, qui a une nécessité sociale et qui est une priorité en termes de santé publique. C’est incroyable qu’elle soit si peu choisie. »

Le Dr Soffer attribue ce manque d’attractivité, que ce soit dans le public comme dans le privé, à une crise profonde de l’exercice avec de multiples facteurs déclencheurs.

« En ville le défaut d’attractivité est, pour moi, lié au fait que la psychiatrie est une spécialité clinique qui est peu rémunératrice en secteur 1. Si vous regardez les données de la CNAM vous découvrirez que c’est la spécialité dont le revenu moyen est le plus faible. Il est inférieur à celui des médecins généralistes.

Il y a deux indicateurs très révélateurs : le nombre de jeunes psychiatres qui passent en secteur 2 et le dépassement important toujours en secteur 2. C’est deux facteurs viennent rendre compte du besoin de réajuster la rémunération par rapport aux autres spécialités. Mais le manque d’attractivité est aussi lié à la pression sociale.

La profession a beaucoup de mal à faire entendre que ses patients ne sont pas « des fous dangereux » mais qu’ils sont fragiles, vulnérables, qu’il faut les protéger et pas les emprisonner. Il y a eu une forme d’instrumentalisation des pouvoirs publics, à une époque, qui a beaucoup nui à la profession. »

Que dire de la transformation de l’offre de soins qui est en train de s’opérer aujourd’hui ?

« Les psychiatres doivent trouver leur place dans les futures organisations. Avec le Syndicat des Psychiatres Français nous militons pour que les psychiatres s’approprient cette transformation et qu’ils aient une meilleure connaissance des PTSM (Projet Territorial de Santé Mentale).

Notre souhait, en tant que psychiatres libéraux, est que les ARS s’engagent à faire des modifications pour que le psychiatre soit à l’interface des relations entre le médecin généraliste et l’hospitalisation (dans le public comme dans le privé) : au cœur de la prise en charge.

Cette évolution s’imposera à tous, mais il faut que les psychiatres se l’approprient et non qu’ils la subissent. Il y a une dimension importante autour de la qualité des soins, de l’expertise et il faut continuer à cultiver et valoriser cette spécialité.

Et il faut se rendre compte que la pratique de ville va être transformée par les organisations sur les territoires, en particulier dans les futurs CPTS, donc il faut que les psychiatres s’y intéressent, qu’ils trouvent leur place et qu’ils aient un rôle d’expert et de coordinateur de l’organisation des soins psychiatriques.

A propos du métier de psychiatre

« Il ne faut pas oublier que nous sommes des médecins de second recours. Mais le rôle du psychiatre est aussi à l’interface des différents acteurs dans le parcours de soins. Ce qui n’est pas très connu et encore moins reconnu. Et dans le modèle qui se dessine pour la psychothérapie, c’est le médecin généraliste qui adressera un patient à un psychologue (à noter qu’un psychiatre le pourra aussi).

Mais il ne faut pas oublier qu’à un moment le psychiatre devra être dans le parcours de soins car les psychologues n’ont pas une approche aussi complète que peut l’avoir un psychiatre, en tous les cas au niveau du diagnostic. »

Que diriez-vous aux internes pour les inciter à choisir votre spécialité ?

« Je leur dirai que c’est une spécialité passionnante, qui ne se concentre pas exclusivement sur la psyché et qu’elle permet de constamment repenser l’exercice de la médecine.

C’est une spécialité qui bénéficie de programmes extrêmement innovants et d’une recherche très stimulante.

Elle permet d’exercer la médecine, car contrairement à ce que l’on peut penser la psychiatrie est bien une spécialité médicale.

Elle doit être rendu beaucoup plus attractive dans les futures organisations, le Syndicat des Psychiatres Français œuvre pour ça et espère qu’elle va retrouver l’attractivité qu’elle mérite.

Parce qu’il y a des besoins et que c’est une spécialité nécessaire à la société. Il y a une réelle crise d’attractivité et tout le monde doit la résoudre, y compris les pouvoirs publics en donnant une place aux psychiatres dans les organisations sanitaires et une rémunération digne de ce nom aux psychiatres libéraux.

Il faut que tout le monde œuvre dans le même sens. »