Presse

L’approche d’un statut commun à tous les médecins doit être unitaire

17 mai 2022

Les Spécialistes CSMF ont eu leur attention attirée par une tribune publiée en avril dernier par le
président de la fédération des spécialités médicales (FSM).

Cette tribune nous semble ambiguë. Elle évoque les deux modes d’exercice médical, salarié ou
libéral et demande que les carrières soient similaires quel que soit le statut de départ.

Depuis de nombreuses années la CSMF défend un statut unique du médecin avec des ponts entre
les deux statuts et nous ne pouvons qu’approuver cette volonté de tendre vers un statut unique.

On pourrait par exemple proposer que les médecins hospitaliers puissent avoir un espace de
fonctionnement de type libéral en répondant, par des matinées de consultations payées à l’acte, à
la demande d’accès aux soins (ce qui revient au secteur privé mais en tarif opposable). Ils
amélioreront ainsi leur rémunération et les libéraux pourront par ailleurs avoir des activités
hospitalières pour participer à la prise en charge de certaines pathologies en ayant une protection
sociale du même type que les médecins hospitaliers.

De même au cours d’une carrière l’activité libérale ou hospitalière d’un même médecin pourrait
varier.

Dans ce statut unique il faudra trouver une solution pour harmoniser les différences du point de vue
de la couverture sociale entre les deux statuts qu’on a tendance à oublier. Les médecins libéraux
et les médecins hospitaliers n’ont pas du tout la même protection sociale (arrêts maladie, congés
maternité, retraites).

Le problème des retraites est devenu très important puisque on peut penser que la répartition de
carrière évolue avec 2/3 d’activité et 1/3 de retraite et que la retraite des médecins hospitaliers est
située entre 3 500€ et 5 000€ quand celle des libéraux est en moyenne de 2 700€.

Il est par ailleurs évident qu’il faut reconnaître l’expertise médicale et en particulier l’expertise de
consultation et cela passe par une nette revalorisation de ces actes qui doivent être moins fréquents
pour un même patient mais mieux rémunérés car plus complexes et ainsi aider les spécialités
cliniques.

Le problème de cette tribune est qu’elle a tendance de façon maladroite et insistante à stigmatiser
les revenus des médecins libéraux alors que l’objet de la réflexion doit être de trouver une
complémentarité entre les deux statuts et des moyens pour que l’ensemble des médecins puissent
répondre à l’accès aux soins dans toutes les composantes du système de santé.

Il nous semble que pour construire un statut unique des médecins, stigmatiser les avantages des
uns par rapport aux autres n’est pas la bonne solution.

Donc soit cette tribune, soit c’est la volonté de poser des ponts dans l’exercice médical entre l’hôpital
et la médecine de ville et cela est une très bonne chose, soit c’est stigmatiser les revenus des
libéraux et c’est une très mauvaise chose.

Il nous parait important de dissiper les malentendus pour avancer unis dans nos demandes.

Dr Bruno Perrouty
Président Les Spécialistes CSMF


L’exercice libéral en établissement de santé en péril

4 mai 2022

Les spécialistes libéraux exerçant en établissement de santé font face depuis deux ans à une situation très difficile mettant en danger leur capacité à prendre en charge nos concitoyens alors qu’ils assurent plus de 50% des interventions et participent de façon déterminante à la prise en charge des pathologies médico-chirurgicales.

La crise sanitaire a, dans un premier temps, conduit à des fermetures administratives, parfois excessives et surtout non concertées. Ensuite, alors qu’il fallait rattraper un retard dans la prise en charge des patients dont les interventions ont été retardées avec parfois une perte de chance, certains établissements n’ont rouvert que très progressivement les blocs opératoires.

La perte d’activité des spécialistes libéraux n’a initialement pas été compensée et seule une partie des charges a été prise en charge dans la première version du DIPA. La seconde version, plus adaptée, ne sera versée que de façon différée. Durant cette même période les établissements avaient une compensation complète.

Le Ségur de la santé a oublié la médecine libérale et la gestion des établissements de santé par des groupes, souvent émanation d’investisseurs n’ayant pas de lien direct avec les soins, entraine actuellement une situation très compliquée : fermetures de lits, voire de services, en particulier d’urgence, par manque de personnel. En effet, il existe maintenant un déséquilibre entre les rémunérations du personnel paramédical dans les établissements de santé publics et privés.

Les Spécialistes CSMF demandent que, sans délai, les responsables des établissements de santé privés et les tutelles trouvent les moyens de faire fonctionner les établissements privés à leur pleine capacité pour que les spécialistes libéraux exerçant dans ces cliniques puissent délivrer les soins nécessaires sans restriction en lien avec des contraintes administratives ou budgétaires.

La santé de nos concitoyens doit passer avant toute autre considération. On ne peut plus déprogrammer ou repousser des prises en charge médico-chirurgicales sans mettre en péril la composante libérale de notre système de santé et par la même l’accès aux soins des français.

Dr Bruno Perrouty
Président Les Spécialistes CSMF

Contact presse : 06.42.26.6373

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